Archive pour 5 mai 2008

05
mai

Constitution et droits humains

Qu’est-ce qu’une Constitution ?

C’est un ensemble de principes et de règles qui définissent l’organisation d’une société, et plus précisément d’un pays.

À quoi sert une Constitution ?

D’abord à créer un certain ordre et une harmonie dans la vie d’une société.

Mais quel genre d’ordre ? (Un régime tyrannique peut créer un certain ordre…)

Évidemment, un ordre positif et bon pour le plus de gens, idéalement pour tout le monde.

Sur quoi se baser donc pour déterminer les principes et les règles d’une Constitution de sorte que cette dernière bénéficie à tout le monde ?

Il faut trouver ce qu’il y a de commun à tous les êtres humains ; il faut trouver ce que chaque être humain cherche vraiment, inconditionnellement.

Quel est la valeur la plus fondamentale ? Quelle est la chose à laquelle chaque être humain aspire ?

Le bonheur évidemment ! Tout le monde souhaite être heureux, on peut dire qu’il s’agit d’une pulsion innée en nous. Chaque bébé qui naît cherche, dès les premières secondes de son existence à maximiser son bonheur.

Si la recherche ou la poursuite du bonheur est innée, peut-on la considérer comme un droit ?

Oui, de la même manière qu’on considère la vie comme un droit humain parce qu’elle est innée. À partir du moment où la personne qui existe n’a pas décidé de naître, elle a le droit à la vie. Le bonheur, ou la poursuite du bonheur, la spiritualité est un droit humain fondamental. En fait, on peut le considérer comme étant le droit le plus important de tous, car de lui découle tous les autres droits comme le droit à la vie par exemple : comment quelqu’un peut-il aspirer au bonheur sans être vivant ? Le droit au bonheur implique nécessaire le droit à la vie.

Si le droit au bonheur est le droit le plus important, quels sont les autres droits ?

En partant du principe que la poursuite du bonheur est un droit, on peut se demander ce qui est nécessaire pour pouvoir aspirer au bonheur. On a dit que le fait d’être vivant est une condition nécessaire pour pouvoir chercher le bonheur. Le droit à la vie est en quelque sorte le « premier » droit (sans être nécessairement le plus important).
Mais le tout n’est pas simplement d’être en vie, mais pour être heureux, nous devons également être en santé. Qui peut espérer être vraiment heureux sans être dans la meilleure santé ? Le droit à la santé est donc le « second » droit, après le droit à la vie.
Ensuite, une fois vivant et en santé, nous avons besoin de jouir d’une liberté « spatiale » (je dis spatiale pour faire la différence avec la liberté « existentielle » qu’on nomme aussi indépendance). En effet, qui peut espérer être heureux en étant en prison, ou enchaîné physiquement ? Le droit à la liberté (« spatiale », donc liberté de mouvement) est donc le troisième droit après le droit à la vie et à la santé.
Un homme vivant, en santé, et libre n’est jamais vraiment libre s’il ne jouit pas d’un certain confort matériel. C’est ce que j’appelle le droit à la prospérité, c’est-à-dire le droit de posséder, d’acquérir des biens et de s’enrichir. Sans ce droit à la prospérité, un être humain ne pourra jamais se doter des outils de son bonheur. Il s’agit donc du quatrième droit humain.
Une fois vivant, en santé, libre et prospère, un être humain ne sera jamais satisfait, car ces choses là seules ne procurent pas le bonheur. Pour y aspirer, l’être humain doit avoir le droit de s’éduquer, d’acquérir des connaissances, car un homme qui ne peut pas savoir ce qu’il veut restera insatisfait et malheureux. Le droit à l’éducation (à l’information, à la connaissance) est donc le cinquième droit humain.
Finalement, le sixième, ultime et plus important droit humain de tous est le droit au bonheur. Le droit au bonheur implique que chaque être humain a le droit d’être heureux, ce qui signifie que le bonheur d’une personne n’est pas plus important que le bonheur d’une autre personne. Notre bonheur personnel est aussi important que celui de toute autre personne. Finalement, le bonheur est le droit le plus important de tous.

Cela peut se résumer de la sorte :

Le droit au bonheur =(implique)=> le droit à l’éducation =(implique)=> le droit à la prospérité =(implique)=> le droit à la liberté =(implique)=> le droit à la santé =(implique)=> le droit à la vie. C’est-à-dire qu’en reconnaissant le bonheur comme le droit humain le plus fondamental, on accepte implicitement tous les autres droits.

Y’a-t-il une hiérarchie entre ces droits ?

Comme il a été démontré que quelqu’un de mort ne peut pas aspirer au bonheur, de même quelqu’un de mort ne peut pas s’éduquer, ne peut pas prospérer matériellement, ne peut pas se mouvoir et se déplacer où bon lui semble, ni ne peut être en bonne santé.
Ensuite, quelqu’un de gravement malade ne sera jamais vraiment libre : il ne pourra pas se déplacer comme il voudra à cause de sa maladie. Sa maladie l’empêchera aussi partiellement de prospérer, et à cause de ces choses là, son éducation personnelle, et son bonheur en seront affectés.
De même, quelqu’un qui ne bénéficie pas d’une liberté de mouvement, même si sa vie et sa santé sont assurées, ne pourra ni prospérer à sa guise, ni s’éduquer comme il le souhaitera et son bonheur en sera affecté.
Quelqu’un de pauvre (qui ne bénéficie pas de la prospérité) ne pourra ni s’éduquer à sa guise, ni être vraiment heureux.
Finalement quelqu’un qui vit dans l’ignorance ne pourra jamais vraiment être heureux non plus.

Il y a donc la hiérarchie de droits humains suivante : vie – santé – liberté – prospérité – éducation – bonheur.
Ainsi, en reconnaissant aussi que le bonheur des uns a la même importance que le bonheur des autres, on peut comprendre facilement la chose suivante : si le bonheur d’une personne nuit INTENTIONNELLEMENT au bonheur d’une autre, alors on peut dire que c’est un crime, c’est une violation de la loi naturelle, universelle. Le meilleur exemple est le cas d’une personne ou d’un groupe de personnes qui se moquent d’une minorité, ou d’un groupe moins fort que lui. C’est donc un crime de se moquer de quelqu’un dans l’intention de rendre cette personne malheureuse. Dans ce sens, excusez l’audace, mais le bonheur des uns ne fait pas toujours et nécessairement le malheur des autres. C’est possible, mais ce n’est pas forcément le cas. Le bonheur n’est pas quantifiable comme de l’argent, ou des biens matériels. Pour cette raison, quand quelqu’un est heureux, il ne vole ce bonheur à personne. Quelqu’un dont le bonheur passe par le malheur des autres peut être considéré comme un criminel sadique. Quelqu’un qu’on appelle en anglais un « bully » c’est-à-dire quelqu’un qui s’amuse à faire souffrir émotionnellement les autres, ce qu’on peut notamment voir dans les écoles, est quelqu’un dont la définition de bonheur personnel passe par le malheur des autres. On peut le considérer comme un criminel parce qu’il viole le droit humain essentiel au bonheur d’un autre pour affirmer le sien, et ce consciemment.

En suivant la même démarche, on peut remarquer les catégories de crimes suivant :

Le bonheur d’une personne viole :
- le bonheur d’une autre (en toute connaissance de cause, comme mentionné plus haut);
- l’éducation d’une autre;
- la prospérité d’une autre;
- la liberté d’une autre (« ça me fait plaisir de t’enchaîner physiquement »);
- la santé d’une autre personne;
- la vie d’une autre (les tueurs en série);

L’éducation (accès à l’information) d’une personne viole :
- l’éducation d’une autre (en toute connaissance de cause; l’éducation d’une personne n’est pas plus importante que l’éducation d’une autre);
- la prospérité d’une autre;
- la liberté d’une autre;
- la santé d’une autre (la torture);
- la vie d’une autre (« je dois te tuer pour obtenir une information »);

La prospérité d’une personne viole :
- la prospérité d’une autre (en toute connaissance de cause);
- la liberté d’une autre (l’esclavage);
- la santé d’une autre (l’industrie des cigarettes, pharmaceutique, et toute entreprise basée sur l’assomption suivante : « pour être riche, j’ai besoin que tu sois malade »);
- la vie d’une autre (assassinat d’une personne qui met en danger les profits d’une compagnie);

La liberté d’une personne viole :
- la liberté d’une autre (en toute connaissance de cause);
- la santé d’une autre;
- la vie d’une autre;

La santé d’une personne viole :
- la santé d’une autre (en toute connaissance de cause);
- la vie d’une autre;

La vie d’une personne viole :
- la vie d’une autre (en toute connaissance de cause; la vie d’un être humain n’est pas plus important que la vie d’un autre);

Notez deux choses :

La première est que, de par la hiérarchie des droits mentionnés, un droit plus haut dans la hiérarchie ne peut pas violer un droit plus bas. Par exemple, si quelqu’un, pour assurer sa santé, n’a d’autre choix que de violer le droit à la prospérité d’un autre, son action sera justifiable et légale. Au Mexique par exemple, la loi interdit de voler, sauf dans le cas où une personne n’a aucun autre moyen de se procurer de la nourriture.
La deuxième chose est qu’il est possible qu’une personne accepte intentionnellement de SE faire violer un droit. Par exemple, les soldats qui se sont battus pendant la deuxième guerre mondiale pour libérer l’Europe et qui sont morts, avaient acceptés implicitement la prémisse suivante : « ma vie est moins importante que celle de mes supérieurs ». Mais toute l’armée, même aux plus hauts gradés qui combattaient sur le terrain, avaient accepté cette même prémisse, et collectivement, ils avaient tous accepté que la cause pour laquelle ils se battaient étaient plus importante que leur propre vie. Un autre exemple de cela est la mort de Jésus. Jésus a accepté de mourir pour protéger notre bonheur dans un sens. Il avait accepté que sa vie était moins importante que notre accès au bonheur, chose qui d’après la hiérarchie du droit présentée ici, semble criminel. Mais la différence est qu’il s’agissait d’un choix personnel et conscient qui n’impliquait que lui. On peut donc dire qu’on peut, et même dans certaines circonstances, on se doit de violer cette hiérarchie, mais seulement envers nous-mêmes, pour rétablir un certain équilibre dans la justice universelle.

05
mai

Le Triangle Universel

1. La définition d’une chose et la fin des catégories aristotéliciennes


Il est important de souligner avant de commencer ce que l’on entend par le mot « chose » dans tout le reste de cet essai. Une « chose » signifie n’importe quoi que l’on peut sentir, voir, entendre, toucher, goûter ou imaginer. Tout et n’importe quoi est une chose.

Prenons donc une chose. Comment la comprendre? Comment la connaître? Pour approcher l’étude d’une chose, on doit poser des questions sur cette chose et y répondre clairement. Alors quelles questions successives pouvons-nous poser sur une chose pour pouvoir la comprendre?

La première question, la plus élémentaire est la suivante : qu’est-ce que c’est? La question paraît très simple mais c’est sûrement celle pour laquelle une réponse claire est la plus dure à donner. En répondant à cette question, on touche à l’essence de la chose et on dit tout sur cette chose. Évidemment, c’est extrêmement difficile de pouvoir tout dire ce qui définit une chose, voire même impossible. L’essence d’une chose ne pourra jamais s’exprimer de manière formelle parce qu’en la formalisant, on la dénature, et en la dénaturant, on ne dit pas tout sur elle. La seule manière d’exprimer l’essence pure d’une chose est par une métaphore, comme celles qu’on rencontre dans le monde artistique. Si quelqu’un me demande ce qu’est la liberté, je pourrai lui donner une idée vague de ce que c’est mais seulement l’artiste pourra arriver à un niveau supérieur d’expression et de communication de cette idée. Il s’agira d’une métaphore et comme métaphore, l’idée ne se trouvera pas dans l’œuvre artistique en tant que tel, mais dans l’interprétation ou la réflexion de l’esprit de l’observateur qui la regarde et essaie de la comprendre.

Cette première question est très générale et nous oblige à saisir toute la définition de la chose d’un seul coup. Mais la définition d’une chose, donc l’entendement de son essence, peut se faire par parties. La chose a des propriétés uniques que l’on peut étudier.

La seconde question, qui suit directement celle de l’essence, est celle de l’existence : est-ce que la chose existe? Cette question nous permet deux réponses immédiates : oui ou non.

Mais une autre réponse est possible : peut-être. Si je demande à quelqu’un : « est-ce que tu as mangé? ». S’il me répond « peut-être », cela signifiera que ma question n’est pas assez précise, et que je dois la reformuler de manière plus détaillée. Mais voyons alors comment il serait possible d’interpréter sa réponse « peut-être » de sorte à mieux comprendre ce qui n’est pas clair pour lui. « Peut-être » voudrait dire que dépendamment de ma reformulation il pourrait répondre « oui j’ai mangé » ou « non je n’ai pas mangé ». Comment ces deux réponses sont-elles donc potentiellement possibles dans son esprit? Comment peut-il avoir à la fois mangé, et pas mangé? Que devrais-je donc préciser? La notion de temps évidemment! Je dois préciser à quel moment je me réfère. On voit apparaître la nature de la prochaine question : le temps.

On peut commencer à construire un arbre, en commençant avec l’essence, de qui on fait pousser deux branches vers le bas, une pour le oui, et une pour le non. Voyons maintenant quelle autre question suit logiquement celle de l’existence.

Une fois qu’on a répondu à la question « est-ce que la chose existe? », ou si la réponse est ambiguë, on peut se demander : « quand est-ce qu’elle existe? » Et c’est là notre troisième catégorie de question : le temps. Comment se situe la chose dans le temps? À cette question générale, trois possibilités se présentent devant nous : soit la chose existe toujours, soit elle existe des fois, ou soit elle n’existe jamais, il n’y a aucune autre réponse élémentaire que l’on pourra donner. Chaque réponse correspond à une des trois caractéristiques du temps que l’on vient d’énumérer. Pour compléter l’arbre à partir des deux branches du oui et du non, on doit placer sous ces deux notions le toujours, le des fois et le jamais. Nous avons deux réponses pour l’existence, et maintenant trois pour le temps. Si je fais pousser deux branches du oui et deux branches du non, j’aurai quatre branches et pas trois. La solution à ce problème serait de joindre la deuxième branche du oui avec la première branche du non, ainsi nous obtenons trois branches. Où placer nos trois nouvelles réponses du temps? Commençons avec le toujours. Quelque chose qui n’existe pas ne peut pas exister toujours, seulement quelque chose qui existe peut exister toujours. Le toujours se branchera alors au oui et ne sera pas relié au non. Le toujours se place donc à la première branche du oui, à l’extrême gauche. En suivant le même raisonnement avec le jamais, on le place à la deuxième branche du non, à l’extrême droite, celle qui ne touche pas le oui. Il nous reste le des fois, que l’on place au milieu, à la jonction du oui et du non. Et cela est parfaitement logique : quelque chose dont l’existence est ambiguë entre le oui et le non existe des fois (c’est le peut-être).

Après avoir répondu à la question « quand est-ce que la chose existe (ou n’existe pas)? », on peut se demander « est-ce qu’elle existe (ou n’existe pas)? » Il s’agit donc de l’espace que cette chose occupe. En pensant une fois de plus à toutes les réponses élémentaires à cette question, on voit qu’une chose peut exister partout, nulle part, à plusieurs endroits, ou en un seul endroit. Toutes les réponses sur l’emplacement d’une chose peut rentrer dans une de ces quatre réponses. Nous avons donc quatre réponses possibles. Maintenant, plaçons-les dans l’arbre. Nous avions trois réponses pour le temps, et maintenant quatre pour l’espace. Si nous faisons pousser deux branches de chaque réponse du temps, nous en obtiendrons six. Nous devons alors faire comme avec les branches de l’existence, c’est-à-dire joindre des branches ensemble : la seconde branche du toujours, avec la première branche du des fois; la seconde branche du des fois avec la première du jamais. Ainsi nous avons une branche indépendant pour le toujours, de même avec le jamais, ce qui fait deux branches. Puis une branche commune du toujours et du des fois, et de même avec le des fois et le jamais, ce qui fait deux autres branches. Nous obtenons donc quatre branches au total, pour nos quatre réponses. Quelque chose qui existe partout doit exister toujours, et de même, quelque chose qui existe nulle part n’existe jamais. Quelque chose qui existe en plusieurs endroits est entre le toujours et le des fois, et quelque chose qui existe en un seul endroit est entre le des fois et le jamais. Les quatre réponses possibles de l’espace sont ainsi placées.

Après avoir défini l’espace, ou le lieu qu’une chose occupe, on peut se questionner sur sa quantité. Quelle quantité est-ce que cette chose occupe dans l’espace? Elle peut représenter tout, rien, beaucoup, peu, ou assez. En utilisant le même principe de branchement, on obtient 5 endroits pour placer nos réponses. Quelque chose qui représente tout dans l’espace doit exister partout, tout comme quelque chose qui représente rien dans l’espace n’existe nulle part. Le beaucoup se place au branchement du partout et du plusieurs endroits, le peu au branchement du un endroit et du nulle part, et finalement le assez au branchement du plusieurs endroits et du un endroit.

Après avoir déterminé la quantité d’une chose, on peut continuer avec sa capacité pour lui donner un sens plus profond. « J’ai beaucoup de cette chose, mais est-ce que cette chose me permet de faire, de créer, d’acquérir, de vivre, etc.? » Le meilleur exemple est celui de deux hommes qui se retrouvent dans le désert : l’un avec une valise remplie d’argent et l’autre avec une bouteille remplie d’eau. C’est un problème de quantité et de capacité. Pour parler de capacité, on peut dire que quelque chose est utile ou inutile, puissant ou impuissant, fort ou faible. Il est important de noter que les termes utilisés ne sont peut-être pas les plus adéquats mais ils représentent une notion générale de gradations ou singularités des capacités. Nous sommes limités par nos connaissances et par la langue que nous parlons. D’autres personnes pourront sûrement trouver des termes plus appropriés en français, ou dans d’autres langues pour désigner ces idées. Ceci dit, continuons en gardant en tête le principe de tout cet arbre et comment les concepts sont reliés entre eux. Quelque chose d’utile doit avoir une quantité totale, comme quelque chose d’inutile doit avoir une quantité nulle (rien). Le puissant se place au branchement du tout et du beaucoup. L’impuissant au branchement du peu et du rien; le fort au branchement du beaucoup et du assez et le faible au branchement du assez et du peu.

Après la capacité, la prochaine phase de définition d’une chose est sa qualité. Les différentes qualités possibles sont les suivantes : parfait/nul, bien/mal, bon/mauvais et neutre. Quelque chose de parfait doit être utile, tout comme quelque chose de nul doit être inutile. Le bien se place entre l’utile et le puissant, le mal entre l’impuissant et l’inutile; le bon entre le puissant et le fort, le mauvais entre le faible et l’impuissant; et le neutre entre le fort et le faible. Les termes anglais pour bien/mal et bon/mauvais paraissent plus adaptés et plus explicites : « right » pour bien, « wrong » pour mal et « good » pour bon et « bad » pour mauvais. En anglais, on remarque tout de suite la supériorité de « right » par rapport à « good » alors que la différence du bien et du bon en français paraît plus ambiguë. C’est pour cela que je rappelle encore que cette étude est limitée par mes propre connaissances, et par la langue française elle-même. Sûrement d’autres langues auraient une approche beaucoup plus appropriée de cette étude. Je rappelle que les mots ne sont pas importants en soi, mais plutôt les concepts qu’ils représentent et le principe général qui les unit dans l’arbre. J’appellerai cet arbre le triangle gnostique (ou universel).

Pour résumer, la définition d’une chose revient à répondre à la question suivante : qu’est-ce que c’est? En répondant de manière directe à cette question, on définit l’essence de cette chose. Pour approcher l’essence de la chose de manière plus systématique, on doit étudier ses propriétés suivantes : son existence (c’est-à-dire si elle existe ou pas), son temps (sa durée ou son occupation dans le temps), son espace (ou le lieu qu’elle occupe), sa quantité, sa capacité et sa qualité. On remarque que ces 7 principes (essence, existence, temps, espace, quantité, capacité, qualité) ressemblent quelque peu aux 10 catégories d’Aristote, à la différence que ses 10 catégories sont purement arbitraires et toutes autant axiomatiques l’une que l’autre, alors que les 7 principes énumérés précédemment suivent une continuité, un ordre logique et sont auto-évidentes quand elles sont agencées dans le triangle gnostique. J’affirme donc que ce triangle gnostique est inné dans l’esprit de chacun, quelque soit notre culture ou notre éducation : il représente des liens universels entre les principes innés de notre esprit.

Ainsi, à l’aide de ce triangle on est capable de résoudre quelques problèmes ontologiques voire épistémologiques de la philosophie. Des problèmes tels que : « est-ce que l’existence précède l’essence? » ou « est-ce que le temps précède l’existence? » sont rapidement résolus en regardant l’ordre du tableau. D’abord on remarque que le problème de précédence de l’existence sur l’essence ne peut pas s’approcher d’un point de vue strictement temporel, mais doit se remettre à l’ordre de l’étude des suppositions et des dépendances. Comme expérience on peut essayer d’imaginer l’existence sans l’essence. Déjà l’existence seule ne semble avoir aucun sens, on doit parler de l’existence de quelque chose, alors que je peux parler de quelque chose sans nécessairement parler de son existence. Avec cette courte expérience, on comprend que l’essence est plus primitive que l’existence et que donc Sartre se trompait quand il disait : « l’existence précède l’essence », ou alors il avait une définition erronée du verbe « précéder ».

Aussi, on voit que quand Prigogine (physicien italien contemporain) dit que le temps précède l’existence, il se trompe aussi. Pour se faire une idée du temps dans l’esprit, on doit supposer l’existence de quelque chose (d’un changement pour être précis), alors que l’existence de quelque chose ne nous force pas à supposer l’existence du temps. L’existence de quelque chose peut être indépendante du temps. Pour renforcer cet argument encore plus, il convient de poser ce paradoxe : je peux parler de l’existence du temps (est-ce que le temps existe?), mais je ne peux pas parler de la temporalité de l’existence (quand est-ce que l’existence existe?)!.

Pour définir une chose, il convient alors d’étudier sa place par rapport à chacun des 7 principes énumérés. Cette manière de faire nous permet d’avoir une approche générale et systématique pour aborder l’entendement d’une chose. Mais bien évidemment notre raisonnement ne se limite pas seulement à ça. L’intelligence nous permet de faire des liens entre différentes choses, et ne nous limite pas qu’à un entendement isolé de ces dernières. C’est dans la partie suivante que je vais utiliser les 7 principes énumérés précédemment pour faire des liens entre des choses.

2. L’intelligence, ou comment faire des liens entre les choses


Prenons deux choses maintenant et faisons des liens entre elles. Déjà, nous pouvons définir chacune des choses en les repérant dans le triangle gnostique. Une fois le repérage effectué pour chacune des deux choses, il s’agit maintenant de faire des liens entre elles, c’est-à-dire d’avoir un outil pour les comparer.

Comme la définition de la chose peut se décomposer en 7 principes, alors la comparaison de deux choses peut et doit s’effectuer selon ces 7 principes.

a. la comparaison « essentielle »

Comment comparer l’essence de deux choses. Soient deux choses A et B. Quelle est la comparaison (la plus) essentielle que je peux faire entre elles? J’ai trois possibilités : « A et B sont différents (contraires, opposés, autre) », « A et B sont identiques (pareils, même) » ou alors « A et B sont semblables (similaires : ils ne sont pas totalement identiques ni différents, ils ont quelque chose en commun) ». J’ai précisé qu’un synonyme strict pour l’adjectif « différent » est opposé, ou contraire parce que deux choses ne pourront jamais avoir aucun point en commun, sauf si elles sont des contraires. On a donc trois types de relations pour l’essence : différent, semblable et identique.

Quelques exemples :

- nous avons le même prénom;

- notre moyenne en maths est similaire;

- nous avons des idéologies opposées.

b. la comparaison « existentielle »

Ensuite, pour faire un lien entre l’existence de deux choses A et B, on peut se demander si A est la cause de B, si B est la cause de A, ou alors si A et B n’ont pas de liens de causalité, et sont donc indépendantes l’une de l’autre. Il y a donc encore trois types de relations existentielles : la causalité, l’indépendance et la conséquence (l’effet).

Exemples :

- la sonnerie du téléphone a causé mon réveil;

- mes croyances sont indépendantes de ta volonté;

- ton sourire est la conséquence de mon cadeau.

c. la comparaison temporelle

Le lien de temporalité est simple : avant, pendant, ou après. On compare une chose avec l’autre : est-ce que A existe avant B, pendant B ou après B?

Exemples :

- la révolution américaine s’est terminée avant la révolution française;

- je te parlais pendant que je faisais à manger;

- je me suis couché après avoir fini mon livre.

d. la comparaison spatiale

Le lien d’espace est aussi simple : dedans (intérieur), sur (dessus), ou dehors (extérieur). Est-ce qu’une chose existe à l’intérieur, sur, ou à l’extérieur de l’autre?

Exemples :

- le magma est formé à l’intérieur de la Terre;

- ils ont fait des graffiti sur ma voiture;

- il est parti à l’extérieur du pays.

e. la comparaison quantitative

Le lien de quantité est lui aussi très évident, et on peut le voir comme la base des nombres : moins, autant, ou plus. Est-ce qu’une chose a moins, autant ou plus que l’autre? On peut se demander : moins, autant, ou plus de quoi? On pourrait comparer la masse des deux choses, puisque la masse se définit comme la quantité de matière. Je laisse leur mot à dire aux physiciens et chimistes là-dessus.

Exemples :

- je me suis fait moins d’argent cette année que l’année dernière;

- il y avait autant de personnes qu’au premier concert;

- il a reçu plus de votes que moi.

f. la comparaison « capacitative »

Pour la capacité, les liens sont les suivants : inférieur, égal, ou supérieur. Est-ce qu’une chose est inférieure, égale ou supérieure à l’autre? Il s’agit donc de comparer leur pouvoir, leur capacité, leur potentiel respectif. Encore on peut se demander : le pouvoir de faire quoi? On pourrait parler d’énergie, et on verrait surgir la fameuse équation d’Einstein « E = m*c^2 » (l’énergie est égale à la masse multiplié par le carré de la vitesse de la lumière), mais encore là je laisse la parole aux physiciens.

Exemples :

- l’énergie éolienne est inférieure à l’énergie nucléaire;

- ces deux tournevis sont égaux (encore un problème linguistique);

- l’espèce humaine est supérieure aux espèces animales.

g. la comparaison qualitative

Quant à la qualité, les liens sont autant évidents : pire, équivalent, ou mieux. Est-ce qu’une chose est pire, équivalente, ou mieux que l’autre? Pour certains sujets, le choix peut être évident, comme le choix entre la paix mondiale et la guerre, la paix est mieux, mais pour d’autres thèmes, cela pourra devenir extrêmement plus complexe. Une nouvelle fois, on peut se demander pire ou mieux par rapport à quoi? La conscience? L’amour? La réponse est aux prophètes!!!

Exemples :

- son deuxième film était pire que le premier;

- les deux performances sont équivalentes;

- je me suis senti mieux que la première fois.

On voit bien que le processus s’arrête bien là, car « qu’est-ce qui est mieux que ce qui est mieux? » Réponse : rien. On a fini. La qualité est la chose la meilleure pour nous, êtres humains, c’est notre niveau d’entendement, de conscience le plus élevé, le meilleur.

——————–

Pour l’image entière:
http://bp1.blogger.com/_OcjGjiBzOpU/R2DJuahyBYI/AAAAAAAAAEo/xlCXo2WR0hU/s1600-h/triangle+universel+01.bmp